23 mars 2020

Journal de confinement

 

Hier soir 20h, applaudissements, concert de casseroles et au milieu une voix s’élève « Allez l’OM » On ne change pas un marseillais quand il crie c’est pour son équipe…

Le chanteur mort du jour, c’est Alain Bashung, on décide de ne pas en piocher un autre, on passe la soirée avec lui.

Aujourd’hui grisaille et travail studieux à la guitare… Je repense à mon angoisse de la semaine dernière, et si jamais on ne pouvait pas avoir nos rendez-vous de thérapie, comment je vais faire? Merci, donc, aux psychologues et autres soignants dans le domaine psy d’avoir trouvé des solutions pour nous les angoissés de longue date !!

C’est incroyable d’entendre les cloches des églises qui sonnent, d’habitude ce son est couvert par les voitures qui défilent sans cesse sous nos fenêtres…

J’ouvre un livre et tombe sur cette citation de Rainer Maria Rilke « Tous les dragons de notre vie ne sont peut-être que des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux » … à méditer !

Sur le toit terrasse de l’immeuble une vie alternative se crée… une famille prend l’air sur leur toit en écoutant de la musique, quant à l’immeuble voisin, son occupant semble se faire une après-midi jeux vidéos, deux mouettes discutent pendant que dans la rue deux groupes de deux personnes se disputent le droit d’être ou non dans la rue ne serait-ce que pour marcher.

M6 rediffuse les téléfilms de Noël… vous croyez que c’est pour faire passer le skeud que notre président va nous envoyer ce soir ?

Dans la rue deux personnes portent un masque écharpe ce qui ne sert strictement à rien à part se rassurer soi-même, chacun fait comme il peut. La queue devant la pharmacie ne désemplit pas, le bar l’Oseille à Jonquière a changé ses horaires et est ouvert uniquement le matin. Devant Casino, on attend l’ouverture car il n’est pas encore 15h.

Dedans il y a des bandes de scotch collées au sol pour indiquer la distance de sécurité à respecter.

Aujourd’hui il fait gris il y a du vent il fait froid, la ville sent la morosité et les bus sont désormais toutes la semaine aux horaires du dimanche. L’ambiance est plus pesante que les autres jours, on dirait que le soleil s’est lui aussi confiné pour quelques temps. Même les fontaines sont à l’arrêt.

Dans les villes alentour les mairies commencent à décréter des couvres feu et moi je prie pour que ça ne mette pas le feu aux poudres , la région souvent trop à droite a déjà connu des heures sombres.

Ce soir la prochaine annonce du gouvernement nous dira sans doute combien de temps cet enfermement force devrait durer. Je passe dans le San Giov et le café de Noailles et je pense aux fêtes qu’il y aura lorsque nous aurons à nouveau le droit de sortir.

Je prend la navette fluviale jusqu’à la mairie, parce qu’on est tous dans le même bateau, il n’y a personne dans celui que je prend. A l’arrivée tout est calme, personne sur les berges, un homme est sur son bateau… Sur un autre on peut lire « Freedom » sur la voile.

Je remonte le quai sans croiser perosnne d’autre que la ramandeuse, quelqu’un a déposé un bouquet dans ses bras, je me dis que la poésie n’a pas totalement déserté.

Finalement ce soir nous apprenons qu’il n’y aura pas de confinement total décrété, et que c’est aux préfets de dédouaner le gouvernement au sujet des éventuels couvre-feu qui seront mis en place. Ici, la nuit, il n’y a personne, c’est assez frappant, je sais pas comment c’est chez vous en général, mais le sud de la france a un son particulier et au jour 8 je sais pas encore déceler chez moi si ça me manque ou pas d’entendre des interjections jetées dans les airs en pleine nuit.

Depuis hier soir les sorties pour l’exercice physique sont désormais limitées à 1h et doivent se dérouler dans un périmètre de 1km autour de chez soi. On a de quoi tourner en rond.

Anna Bambou